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Grône a plus de dix siècles d'histoire. Le premier document historique retrouvé, le Nécrologe, annexé au Missel de l'Eglise St-Etienne de Granges, datant du XIe siècle, donne les noms des premiers habitants de Grône, et des hameaux de Loye, Daillet et Merdesson, enterrés au cimetière de la châtellenie de Granges. |
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Missel de Granges dans lequel est inséré |
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Châtellenie relevant des comtes de Granges, dont faisaient partie non seulement les agglomérations de Grône, mais encore celles du Grand Lens et de Saint-Léonard. Son territoire s'étendait de la Rière au torrent Marco, près de la Crête de la Potence sur Sierre, sur la rive droite; du Val d'Anniviers au Val d'Hérens, sur la rive gauche. | ||
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La mise au jour, en 1948, d'une sépulture à Loye atteste que le territoire de Grône était habité au premier siècle de l'ère chrétienne. De l'intéressant mobilier funéraire découvert, trois monnaies frappées sous les empereurs Auguste, Tibère et Claude permettent d'affirmer que ses parages étaient habités par les Romains qui n'ont du reste fait que perpétuer la tradition celtique. |
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L'époque de l'inhumation rappelle que c'est précisément à l'empereur Claude, fondateur du Forum Claudii Vallensum à Octodure que le Valais doit son essor politique et économique après la conquête romaine. Les Condémines-Loye, lieu de la découverte de la sépulture, renferment certainement encore d'autres inhumations. Une recherche conduite scientifiquement pourrait révéler une nécropole intéressante, ce qui n'a pas échappé à la vigilance des autorités communales qui ont classé ce lieu-dit, zone archéologique. | ||
Sous la féodalité les deux communautés de Grône et de Loye faisaient partie de la Châtellenie de Granges, alleu et fief des comtes de Granges et de leurs successeurs les seigneurs Montjovet, de Corbières, d'Ayent, d'Anniviers, de la Tour-Morestel, de la Tour-Châtillon, Tavelli, de Rovera,.... Ces derniers vendent leur seigneurie à la Noble Bourgeoisie de Sion en 1603, gérée par les châtelains de Granges-Bramois de résidence au Château Tavelli à Granges jusqu'en 1802, date de rachat par les feudataires et par la commune de Grône.
Dès 1215, la mense épiscopale et dès 1228, le Chapitre de Sion, reçoivent des comtes de Granges, en particulier de Béatrice de Granges, épouse de Guillaume de Corbières et de l'évêque Boson II de Granges, des donations importantes de biens-fonds sur Grône qui sont remises en fiefs à leurs héritiers. Ces fiefs, rachetés par la commune de Grône en 1785, concernaient principalement des terres situées sur le plateau de Loye, de Merdesson et de Daillet.
La branche seigneuriale de la Tour-Morestel a tout spécialement marqué de son influence la communauté de Grône. C'est à Pierre III de la Tour, dit "de Morestel" par son deuxième mariage avec Marguerite de Morestel, que l'on doit l'édification du château de Grône, vers 1245-1250, sur une petite colline au centre de l'agglomération du Nézot et à ses successeurs, la construction, au XIVe siècle, de l'acqueduc dénommé Morété ou Morestel qui irrigue les prairies du plateau de Loye et des bas côteaux de la plaine.
Le pouvoir des vassaux de l'évêque de Sion et de son Chapitre et celui des seigneurs qui se sont succédés n'ont pas exclu la naissance d'une communauté. Celle-ci s'affirme d'abord dans le cadre de la châtellenie de Granges dans laquelle elle traite, avec les communautés de Lens, de Granges et de Saint-Léonard, de la jouissance des biens communs (alpages, forêts, parcours, les eaux) et des barrières du Rhône. Des procureurs sont chargés de la surveillance de ces avoirs communs.
Au XIVe siècle Grône désigne ses propres procureurs, qui parallèlement à la gestion des biens communs de la châtellenie, organisent et administrent les intérêts de la communauté (Confrérie du St-Esprit, chemins, acqueducs, police, lutte contre le feu, etc.).
Lors d'une intrusion savoyarde, en 1417, sous le règne du duc Amédée VIII, une troupe pillarde commandée par Hugonin de Meyrens, vice-châtelain de Conthey, après avoir saccagé Sion, Hérens, incendie Loye et détruit le château des Morestel à Grône. Après ce désastre la communauté de Loye unit sa destinée à celle de Grône.
En 1435, Grône obtient le droit d'élire annuellement son propre châtelain, accordé à Brigue par l'évêque André de Gualdo à toutes les communes des VII dizains.
A l'extinction des seigneurs féodaux, les droits et les biens de ces familles sur Grône passent en 1603, à la Noble Bourgeoisie de Sion. La communauté de Grône devient ainsi, pour une partie de ses biens, vassale de la Noble Bourgeoisie de Sion, de la mense épiscopale et du Chapitre de Sion.
La vie locale prend plus en plus d'importance et la communauté délégue ses mandataires pour administrer les biens publics, protéger et délimiter son territoire, exercer les droits de justice, de police, etc.. La marche vers vers son autonomie fut longue. La communauté, par ses procureurs, prend de plus en plus conscience de son rôle politique, en achetant les fiefs seigneuriaux et les dîmes instituées. Elle rachète, en 1609 les droits de l'église et du prieuré de Granges, les fiefs de la mense épiscopale et du Chapitre en 1785 et de la Noble Bourgeoisie de Sion en 1802. C'est donc seulement en 1802 que s'éteint pour elle l'influence seigneuriale et aristocratique découlant de son ancienne appartenance à la Châtellenie de Granges et que la révolution avait mis fin en 1798 sur le plan cantonal.
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Souveraine sur son territoire par les rachats de tous les fiefs, la commune est intégrée au dizain de Sierre. Elle s'employe à compléter son organisation et tente de l'harmoniser en conformité à la Constitution de 1802 |
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Anne-Louis Tousard d'Olbec, |
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Secrétaire d'Etat, il est envoyé à Paris en 1810, pour y apprendre l'annexion du Valais à l'Empire français et devient directeur des contributions et enrégistrements du Département du Simplon. Président de Grône de 1806 à 1808, Tousard d'Olbec, a servi le Valais comme un grand patriote. Par ses plaidoyers persuasifs, il fut l'un des artisans historiques de son admission à la Confédération suisse. C'est sous sa présidence que l'école à Grône est fondée. | ||
La Constitution de 1844 admet à l'assemblée primaire tous les bourgeois citoyens valaisans et celle de 1848 reconnaît aux citoyens des cantons confédérés le droit de vote dans la commune. Ces deux Constitutions et leurs lois d'application sur la naturalisation et sur le régime communal font craindre aux bourgeois une perte progressive de leur autonomie communale et une influence toujours plus grande des non-bourgeois au sein des assemblées primaires.
Ces non-ressortissants, toujours plus nombreux, apportaient avec eux les fruits de leur expérience, parfois un métier, une autre manière de cultiver la terre, d'exploiter et de travailler le bois, la pierre. Leurs services généralement appréciés ne tardaient pas à les rendre influents et de moins en moins leur situation sociale ne se différenciait de celle des bourgeois. La commune bourgeoise prenait ainsi un caractère moins exclusif en facilitant l'instruction, la naturalisation et le permis d'établissement.
Les nombreuses attributions communales comme l'asistance, l¨école publique, l'endiguement du Rhône et des torrents, l'assainissement du territoire, les chemins, l'irrigation, les captations d'eau, la lutte contre l'incendie, etc, offraient un intérêt pour tous les habitants et non seulement pour les bourgeois. Progressivement ce n'étaient plus les droits de participation aux biens communaux, forêts, alpages, vignes, moulin, scierie, etc., qui devenaient le plus important pour toute la population, mais les intérêts généraux de la communauté.
D'autre part, les bourgeois ne pouvaient admettre de confier l'administration de leurs biens immobiliers aux citoyens qui n'en étaient pas copropriétaires. De là, la nécessité, prévue par la Constitution de 1848, de créer la commune politique, mise en place par la loi sur le régime communal du 2 juin 1851.
Dès lors, la commune bourgeoise (Bourgeoisie) ne gère plus les affaires publiques. Elle devient une corporation de droit public, dotée de biens propres qu'elle administre elle-même, mais elle conserve le privilège de pouvoir accepter de nouveaux bourgeois, donc de nouveaux citoyens.
La commune politique, indépendante de la bourgeoisie, administre les tâches publiques communales par l'assemblée primaire regroupant tous les citoyens actifs et par le conseil communal dit aussi conseil municipal.
Grône ne connut ces deux conseils que de 1869 à 1876. Cette expérience eut le mérite de bien clarifier les compétences de la commune politique, de les dissocier des intérêts bourgeoisiaux, de régler les contentieux financiers entre la commune et la bourgeoisie et de déterminer l'importante fortune immobilière bourgeoisiale.
En application de la Constitution de 1875, dès 1877 à nos jours, le Conseil communal administre également la Bourgeoisie dont les délibérations, les comptes, etc., sont consignés séparément. Il rend compte de cette gestion à l'assemblée des bourgeois seulement.

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