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La paroisse de Grône

027/458 12 25

Quelle est l'origine du nom donné à cette paroisse?
L'historien et abbé J.E. Tamini fait dériver ce nom de "Gravelona" qui signifie terre d'alluvions. Gravelona donne Gruona au XIe siècle, puis Grona en 1255, en 1297, puis Grôna en 1300, enfin Grone et Grône dès 1432.
D'autres patronymistes expliquent que Grône vient du mot germanique "Grun" (vert). Les plus anciennes cartes topographiques l'orthographient ainsi, ou encore en celtique "groun, gronna" qui signifiaient lieu marécageux, herbeux.
 

 

 

Eglise paroissiale, 1945

On peut admettre que le nom "Grône" correspond aux étymologies proposées, parce qu'elles reflètent et décrivent assez fidèlement les aspects du relief de son territoire.

  • vert, pour ses praires, ses forêts et ses pâturages;
  • marécageux et herbeux, autrefois par les inondations fréquentes et les vagabondages du Rhône, dont il reste d'historiques témoins: le marécage de Pouta-Fontana et le lieu-dit Maraissette.
  • terre d'alluvions, par les cônes de déjections formés par ses torrents et par les apports du Rhône sur son territoire jusqu'en 1695.

Une église existe à Grône déjà au XIe siècle. Un rôle de reconnaissance des possessions et des revenus de l'église cathédrale de Sion la situe ainsi: A Gruona, l'église et un champ avec une "olca" (place). Les historiens, le chanoine A. de Rivaz et l'abbé Gremeau placent ce rôle antérieur à 1052. On est certain qu'elle existait avant le XIe siècle et qu'une paroisse a précédé et participé à la lente formation de la commune. Sa collation dépendait du Chapitre de Sion tout comme Bramois, Nax, Granges et Chalais.
Les rares documents de l'époque, dont le nécrologe de l'église de Granges, permettent d'inférer que Grône connut bien plus tôt des habitants groupés en de petites agglomérations ou hameaux dépendant de l'église de Granges. Puis peu à peu, un peuplement plus important et les fréquentes crues du Rhône qui les séparaient de Granges, ont favorisé l'édification d'une petite église, sous l'obédience du Chapitre, en accord avec l'église Sancti Stephani de Granges, considérée longtemps comme église-mère de la Châtellenie, et avec l'aveu des comtes de Granges et de leurs descendants.
Cette première église, dédiée à "Beate Maria" était desservie par des prêtres ou des chanoines qui vivaient en communauté à Valère jusqu'au XIIe siècle. Une cure, un chalet de bois, n'apparaît dans les écrits que vers 1270 et les premiers desservants connus sont des chanoines de Sion ou des chapelains épiscopaux.
La paroisse est le berceau originel de la formation des communautés de Grône et de Loye. En réunissant chaque semaine, à l'église ou à la chapelle de Loye, selon les saisons, pour la messe dominicale, les fidèles dispersés dans les divers hameaux, elle leur a donné la possibilité non seulement d'accomplir leurs devoirs religieux et d'écouter la parole divine, mais de parler plus librement de leurs seigneurs, de leurs ordres, de leurs intransigeances, de leurs dîmes, d'échanger des informations, de proposer des marchés, d'opposer leurs opinions, de se sentir moins isolés et moins vulnérables, de prendre conscience qu'ensemble ils représentaient une force et que chacun aspirait à plus d'autonomie. C'était le lieu de ralliement, où les métraux, représentant les seigneurs et les procureurs, à la sortie de l'office dominicale, communiquaient à la criée publique les informations, les directives, les jours de corvées aux alpages, aux bisses, aux chemins, aux barrières du Rhône, l'ouverture de la fauchaison des moissons, des litières, de la fenaison, la clôture des semailles, ...
La paroisse, en ayant la juridiction ecclésiastique sur des hameaux disséminés sur un territoire que reconnaissaient les paroisses voisines, de Chalais, de Vercorin, de Granges, de Bramois et de Nax depuis leur fondation, a fixé implicitement les limites approximatives de la future commune de Grône.

La première église du XIe siècle desservit la paroisse jusqu'en 1729. Elle fut au début de sa desservance souvent bénéficiaires de dons testamentaires, légués par des seigneurs et des donzels de Granges, et des feudataires, au même titre que les autres églises de la châtellenie, de St-Léonard, de Granges, du prieuré de Lens, du prieuré de Granges et des églises de Chalais et de Vercorin. D'abord sous le patronnage de la Bienheureuse Marie, elle invoqua, comme titulaire, St-Marcel, pape et martyr, à partir de 1599.
La seconde église construite en 1729,  est dédicacée le jour de la Pentecôte par l'évêque  François-Joseph Supersaxo, sous l'administration du curé Claude Constantin et du châtelain  de Grône, Jacob Bruttin.
Des nombreux desservants de cette église, les documents relèvent en particulier la féconde activité et la forte personnalité du curé Joseph-Marie Walleran. Né à Sion en 1757, chanoine, chapelain et chancelier épiscopal de 1785 à 1801, il est  curé de Grône 1799 à 1829. Il est le fondateur en 1801 de l'école, le premier enseignant et le principal donateur, qu'il fait reconnaître en 1807 par la commune, présidée par Tousard d'Olbec. En 1802, il dote la cure d'un deuxième étage et l'église, d'une galerie pour recevoir, en 1815, les premières orgues pour accompagner le Choeur d'hommes   qu'il a fondé en 1807. Il prêchait, écrivait en trois langues: latin, français et allemand. Il est l'auteur d'une thèse théologique, rédigée en allemand en 1782. Il est inhumé au cimetière de Grône.

De profondes fissures de la voûte de cette deuxième église inquiétaient la population, traumatisée par l'écroulement catastrophique, en 1909, de la voûte de l'église de Nax qui avait causé la mort de 31 personnes. Les autorités, conscientes du danger, sollicitent l'avis de l'architecte Alphonse de Kalbermatten de Sion qui, après  contrôles et sondages pendant plusieurs années, propose l'abattage de la voûte et une réfection générale. Le conseil communal, présidée par Maurice Torrent, prend l'option de la construction d'une nouvelle église de style roman, le choeur situé à l'ouest. Soumise à l'assemblée primaire le dimanche 28 février 1915, elle est acceptée à l'unanimité. Cette décision est suivie aussitôt de la démolition de l'ancienne église par les paroissiens qui l'achèvent  en fin mars, tout en prenant un soin particulier de "l'admirable maître-autel, sculpté vers 1730, de style authentiquement valaisan avec ses colonnettes torses serties de grappes et de feuilles de vigne" qui, artistiquement rénové, prendra place dans la prochaine église.
Le temps d'amener à pied d'oeuvre les matériaux en suffisance fournis par la commune et le Conseil adjugeait les travaux. Lorsqu'on lit les journalières, les dons petits et plus grands si nombreux, souvent anonymes, on songe à l'élan de générosité. de solidarité, d'enthousiasme, de joies et de peines partagées que cette construction avait suscité. Des amateurs bénévoles jouent en plein air des pièces de théâtre, organisent des tombolas et des jeux dont les recettes sont attribuées exclusivement à l'édification de leur église.
Les paroissiens des communes voisines de Nax et de Granges et leurs bourgeoisies se sont associés de leurs dons, généreux en cette période troublée de la guerre mondiale de 1914-1918. 

Achèvement des travaux en 1917, sous la desservance du curé François Follonier. La troisième église est consacrée et dédicacée par Monseigneur Victor Bieler, évêque de Sion, lors de sa visite pastorale en 1920.
Le tremblement de terre de janvier 1945, qui avait décimé le clocher, a motivé les rénovations entreprises par le Rd curé Louis Fournier.

 

Vitraux de l'église paroissiale
(Paul Monnier 1945)
 

Elles ont apporté à l'église d'appréciables améliorations. Edification d'un porche d'entrée, suppression de l'ossuaire en ruine remplacé par une grotte dédiée à la Vierge Immaculée, remplacement des deux autels latéraux dont le style n'était pas en harmonie avec le maître-autel de 1730, par des autels à colonnes torsadées richement sculptées et décorées par un artiste tessinois. Les anciens vitraux font place, aux Béatitudes, aux Mystères de la Passion du Christ et au martyre de St-Marcel, dus à la palette de Paul Monnier, artiste peintre-verrier à Sierre. Une réussite qui a réhaussé la valeur architecturale de l'église et fait l'admiration des visiteurs profanes ou amateurs d'art.
Le chroniqueur de l'art religieux de l'Almanach du Valais de 1950 donnait ses impressions sur ces rénovations: "De banale qu'elle était l'église de Grône est devenue un sanctuaire attachant, l'exemple de ce que l'on peut obtenir d'un édifice qui semble d'abord rebelle à toute amélioration". 

Chapelle Regina Pacis de Loye

L'ancienne chapelle du XIVe siècle, dédiée à St-Jean-Baptiste n'offrait qu'une cinquantaine de places. Cette exiguité obligeait les fidèles, en augmentation constante, d'assister  aux offices religieux à l'extérieur et de subir, en hiver, les désagréments du froid et les bruits de la circulation environnante. En 1973, un comité d'initiative, emmené par l'abbé Raphaël Ravaz s'engage à rechercher un lieu propice à la construction d'une nouvelle chapelle et les moyens de la financer.
Deux ans d'études actives et passionnées, prolongées de trois ans de réflexions et de projets, débouchent en 1977 sur la suggestion des initiants de faire coïncider la construction de la chapelle avec celle d'un abri de protection civile. Cette solution, envisagée favorablement par les autorités communales, est mise en oeuvre en 1978 par la constitution d'un comité de construction, présidé par l'abbé Ravaz, composé de membres des hameaux de la montagne, du Conseil de paroisse par son président le Rd curé Henri Beytrison.
Le Conseil communal, confirme son engagement en construisant un abri public  sur lequel la chapelle projetée est édifiée en 1984. Mgr Henri Schwéry, entouré de nombreux prêtres, d'une foule  de fidèles et des sociétés culturelles de la commune, consacrait le 22 juin 1985, le nouvel édifice religieux. Ce sanctuaire, dédié à la Vierge Marie Reine de la paix, Regina Pacis, est non seulement, une réussite d'harmonie architecturale, mais un témoignage de ce que peuvent réaliser les hommes qui unissent leur volonté pour créer un lieu sacré où ils apprennent à s'aimer.
Edifié grâce au bon coeur de nombreux et généreux donateurs, il témoigne chaque jour de la foi des paroissiens des hameaux de la montagne et des nombreux résidentaires, en leur Seigneur, mais il affirme aussi leur attachement au vieux pays qui prend un nouvel essor et accorde de nouvelles espérances.
Son architecture, son aménagement intérieur et extérieur recueillent l'unanimité des fidèles et font de ce lieu l'endroit rêvé des nombreux couples qui le choisissent pour leur mariage.
La chapelle Regina Pacis reste ouverte à toute âme qui recherche un instant de paix intérieure. 

Commune de Grône
Rue Centrale 182
Case postale 54
3979 Grône
T 027 458 15 03
F 027 458 44 61
Administration Rue Centrale 182 3979 Grône Tél. 027 458 15 03 Fax 027 458 44 61
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